Coups de coeurPosté par le libraire 28 aoû, 2010 10:50Janik Coat est, ce que l’on peut appeler, une graphiste de génie. Son livre La Surprise, sorti de presse ce 23 juin chez MeMo, est un régal pour les yeux et le cœur. Album sans texte (juste le mot « lait » apparaît), La Surprise est une belle histoire d’amour, de tendresse et d’attente douce entre un chat et une future maman. Quelle est donc la surprise ? Elle est dans le cadeau que les deux amies vont offrir l’une à l’autre, la maternité. L’art de l’album est subtilement consommé dans l’utilisation astucieuse de la double page, parfois avec un « blanc » (il fallait l’oser), parfois avec une répétition de la pose... à quelques semaines d’intervalles. Un tout bel album.

Coups de coeurPosté par le libraire 17 jui, 2010 15:23Quand Rascal fume la moquette, façon tapis-volant, il nous emmène droit devant nos idées toutes faites et se moque gentiment. Avec Pascal Lemaître, son complice illustrateur, le livre devient ravageur. Un exemple parmi d’autres : « Suis tombé sur mon répondeur…qu’il est doux de se savoir chez soi et ailleurs ». Rascal se fait souvent ours, mais de la race des ours rencontrés dans les livres pour enfants, les tout-doux. Et s’il se fait loup, c’est qu’il y a trop de moutons sous ton lit !
Lire Rascal c’est voir sa vérité les yeux nus : « Enfant, je voulais entrer dans le désordre », dit-il. Pari gagné, « sans Zigzag, nos routes seraient devenues routines » !

CarnetPosté par le libraire 10 jui, 2010 17:19Gabriel García Márquez est né le 6 mars 1927 en Aracataca, un petit village situé dans les montagnes du Caraïbe colombien. Il s’est retiré de la vie publique pour raison de santé: cancer lymphatique. Son agent a annoncé que l'auteur mettrait un terme à sa carrière d'écrivain et n'écrirait rien de plus, le 31 mars 2009. Mais comme il le disait durant le salon du livre du Mexique : «Cela représente beaucoup de travail pour moi d'écrire. » Gerald Martin, son biographe, ajoutait ces mots : «Je crois aussi que Gabo n'écrira pas d'autres livres, mais je pense que ce n'est pas trop regrettable, parce qu'il a connu un destin d'écrivain qui peut se satisfaire de son parcours littéraire, tout à fait cohérent.» A présent il semble que son état se soit aggravé. Il a laissé une lettre d'adieu à ses amis. Nous vous recommandons sa lecture.
«Si pour un moment Dieu pouvait oublier que je suis une marionnette de chiffon et me donner en cadeau une parcelle de vie, j’en profiterais le plus possible.
Je ne dirais probablement pas tout ce que je pense mais sûrement je penserais tout ce que je dis.
Je dormirais peu, je rêverais davantage, sachant que pour chaque minute pendant laquelle nous fermons les yeux nous perdons soixante secondes de lumière.
Je marcherais alors que les autres s’arrêtent ; je me réveillerais quand les autres s’endorment.
Aux hommes je leur prouverais combien ils se trompent en pensant qu’ils cessent d’être amoureux en vieillissant, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux.
A un enfant je lui donnerais des ailes, mais je le laisserais apprendre à voler tout seul.
J’ai tant appris de vous, les hommes...,J’ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne sans savoir que le vrai bonheur est dans la manière de l’escalader.
J’ai appris que lorsqu’un nouveau-né serre pour la première fois dans sa petite main le doigt de son père il le garde attrapé pour toujours.
Il y a tant de choses que j’ai pu apprendre de vous ! Mais réellement peu me serviront parce que quand elles seront rangées dans cette valise malheureusement je serai en train de mourir.
Dis toujours ce que tu ressens et fais ce que tu penses.
Si je savais que ce sont les dernières minutes que je te vois je te dirais: "Je t’aime" et j’ignorerais, honteusement, que tu le sais déjà.
Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne une autre opportunité de faire les choses bien; mais si je me trompe et que ce jour-ci est le seul qui nous reste, j’aimerais te dire combien je t’aime et que je ne t’oublierai jamais.
Le lendemain n’est assuré pour personne, jeune ou vieux. Aujourd’hui ce peut être la dernière fois que tu vois ceux que tu aimes. N’attends donc pas davantage, agis aujourd’hui parce que demain n’arrivera peut-être jamais et que sûrement tu regretteras le jour où tu n’as pas pris le temps d’un sourire, d’une étreinte, d’un baiser et où tu as été trop occupé pour leur adresser un ultime souhait.
Garde auprès de toi ceux que tu aimes; dis-leur à l’oreille que tu as besoin d’eux; aime-les et soigne-les bien; prends le temps de leur dire “je te comprends”, “pardonne-moi”, “s’il te plaît”, “merci” et tous les autres mots d’amour que tu connais.
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande au Seigneur la force et la sagesse de les exprimer. Démontre à tes amis et êtres chers combien ils comptent pour toi.
Il y a tellement de choses que j'ai pu apprendre de vous autres...Mais en fait, elles ne serviront pas à grande chose, car lorsque l'on devra me ranger dans cette petite valise, malheureusement, je serai mort. »
LecturesPosté par le libraire 27 jun, 2010 21:58C’est l’heure de se coucher. Tous dans le même lit. Chacun apporte la chose sans laquelle il ne peut dormir : la poule sa bouillotte, l’âne son bouquin, l’éléphant sa boîte à outils (bizarre, je sais), la souris son coussin rose, etc. Mais au moment d’éteindre la lumière, le lapin se met à pleurer… Et c’est là que les choses bizarres peuvent se révéler utiles.
Après l’humour décapant de « Mon pull » ou « Une farce », Poussier nous revient toujours avec ses mêmes personnages mais opte cette fois-ci pour une chute plus poétique que drôle. Ce qui est bien aussi. A partir de 2 ans. (Chronique de Ludovic Flamant, Libbylit)

Coups de coeurPosté par le libraire 26 jun, 2010 13:49Tout le monde se tient derrière la ligne de départ, œil vif, muscles tendus. « A vos marques… Prêts… Hé ! J’ai pas dit partez ! » hurle le lapin. Mais rien à faire, la course est lancée ! Aussi teigneux que dans les titres précédents, notre lapin rose va tout faire pour tenter d’arrêter cette course déloyale, hors règles, inéquitable… Inadmissible en somme ! A moins que…
Je ne révèle pas la fin, aussi hilarante que simple. Audrey Poussier est fine observatrice du monde de l’enfance : ça sent le vrai. « C’est exactement comme ça que ça se serait passé » se dit-on à la lecture du nouvel opus. Une série qui pour beaucoup devient un rendez-vous attendu. Et si tous les titres ne se valent pas, celui-ci atteint la drôlerie des excellents « Mon pull » et « Une farce ». Un coup de cœur. A partir de 2 ans. (Chronique de Ludovic Flamant, Libbylit)

LecturesPosté par le libraire 26 jun, 2010 13:16Chaque année s’organise un championnat de mensonges à la ferme. Les animaux montent tour à tour sur l’estrade et prétendent des choses invraisemblables : le mouton qu’il est en réalité chien de berger, le poulet qu’il est capable de voler les nuits de pleine lune, etc. Aussi, quand débarque tout essouflé Wifid le poussin pour dire « Un monsieur avec une cravate est venu voir le fermier ce matin. Il a décidé de raser la ferme et de mettre un parking à la place », tous l’acclament et le déclarent grand gagnant du concours ! Ils feraient pourtant bien de le croire car il ajoute encore « On va tous être transformés en steaks hachés surgelés ou en raviolis en boîte ! » A partir de 4 ans. (Chronique de Ludovic Flamant, Libbylit)
Coups de coeurPosté par le libraire 18 jun, 2010 14:06Léon commence une belle journée en toute insouciance: après avoir bien mangé, il s'en va se reposer puis...faire caca! Malheur, plus de papier! Comment vais-je faire pour m'essuyer? Léon trouve alors une vieille culotte trouée...Ce livre de Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo paru aux éditions Frimousse (et sur du beau papier!) est d'une joyeuse drôlerie! Car bien entendu, Léon a trouvé bien plus qu'une culotte trouée, il a découvert sa conscience!

Coups de coeurPosté par le libraire 29 mai, 2010 16:31Tout commence avec un gros point jaune au centre de la page. L’auteur nous suggère d’appuyer dessus puis de tourner la page pour voir ce qui se passe. Bientôt apparaissent des points bleus puis des rouges. Et que se passe-t-il si on secoue le livre ? Si on souffle dessus ? Une fois de plus, Hervé Tullet nous force à reconsidérer notre attitude face au livre et ce via des procédés d’une simplicité exemplaire. Pas besoin de piles pour rendre un bouquin interactif ! Et puis, mine de rien, il apprend aux tout petits à suivre des consignes, à observer des changements de position, de taille, de couleur… Esthétique, intelligent et un brin magique. J’adore. (Chronique de Ludovic Flamant)

LecturesPosté par le libraire 29 mai, 2010 16:21Dans cette famille-là, on est monstre de père en fils. Le jeune Balthazar n’étant pas très tenté par cet avenir, son père l’emmène rendre visite à ses oncles et tantes pour qu’il voie à quel point ce métier peut être varié : il y a les monstres d’égoïsme, les monstres sacrés, les ogres classiques… Autant de façons d’aborder les thèmes de la guerre, de la bêtise ou de l’égo. Balthazar choisira finalement une voie atypique mais, comme le dit son père, « après tout, du moment que tu fais le monstre ! »
Un album riche traitant de la filiation mais pas seulement. Belles illustrations mêlant pastels et gravures découpées. (Chronique de Ludovic Flamant)

LecturesPosté par le libraire 29 mai, 2010 13:52Pourquoi 5 volumes pour ne raconter qu’une histoire ? Parce que la vie est faite d’étapes. Surtout dans l’univers des tout petits où le temps s’étire différemment du nôtre… Si Joé est un lapin rêvé, c’est que dans le premier volume il n’existe encore que dans la tête de ses parents (il est encore dessiné en pointillés). Dans le second volume, on peut voir sous un volet à soulever le petit Joé dans le ventre de sa mère. Ses parents l’imaginent avec de longues oreilles et tricotent pour lui des bonnets. Troisième volume, la naissance. Surprise ! Joé n’a pas les longues oreilles rêvées par ses parents lapins… Je vous laisse découvrir le quatrième mais vous révèle déjà que le cinquième volume s’intitule « Joé le lapin parfait ». Simple et juste, dans un joli coffret. (Chronique de Ludovic Flamant)
